| Le viager immobilier est
le contrat en vertu duquel un acquéreur (le débirentier)
achète un bien immobilier moyennant le versement d’une
rente viagère à son vendeur (le crédirentier)
et ce la vie durant de celui-ci.
Aspect moral du viager :
Le viager apparaît comme une opération spéculative
(probabilité de la mort plus ou moins proche du crédirentier)
au même titre que la spéculation boursière,
le loto ou le jeu de casino.
L’Etat réglemente l’usage de ces contrats
aléatoires et de ce fait n’est pas plus immoral
que l’héritage où le décès
d’une personne (parent) enrichit également le
survivant (enfant). Au moins l’acheteur en viager aide
de ses propres deniers son vendeur à mieux vivre ;
en quelques sortes d’hériter de lui-même.
Pour le crédirentier, percevoir une rente sa vie durant,
rente conservant son pouvoir d’achat grâce à
l’indexation, est un facteur de longévité
appréciable, de qualité de vie qui lui assure
des lendemains paisibles et sereins, sans souci matériel,
qui lui permet de mieux se soigner (DHEA), de se faire assister,
de pouvoir rentrer dans une maison médicalisée
ou de retraite, d’aider ses enfants ou petits enfants
...
Aspect juridique du viager :
- La vente en viager est nulle si elle est consentie par
un crédirentier qui décède dans les
20 jours suivants la date de signature de la vente, d’une
maladie dont il était atteint à cette date.
- La rente doit être sensiblement supérieure
aux revenus produits ou pouvant être produits par
le bien vendu.
- La rente peut être constituée au profit d’un
ou de plusieurs crédirentiers (sur une ou plusieurs
têtes) avec réversibilité totale ou
partielle.
- Le crédirentier peut se réserver la jouissance
du bien vendu en conservant le droit d’usage et d’habitation
ou l’usufruit. Dans le 1er cas, il occupera lui-même
le bien vendu en « bon père de famille »
; dans le 2ème cas, il pourra également, percevoir
des loyers.
- Le crédirentier peut demander une somme payée
comptant le jour de la signature de la vente : c’est
le bouquet.
- Le rédacteur de l’acte doit prendre des
garanties au profit du crédirentier pour le paiement
de la rente : privilège de vendeur et action résolutoire.
En fonction de la rédaction de ces garanties, et
en cas de non paiement des arrérages de la rente,
le crédirentier peut demander et obtenir la résolution
(l’annulation) de la vente, redevenir propriétaire
du bien et conserver les sommes perçues antérieurement
à la résolution comme dommages et intérêts.
- La rente versée peut être indexée
(généralement annuellement) afin de la garantir
de l’érosion
Monétaire ; en tant que dette alimentaire, la rente
viagère peut être indexée sur les variations
du coût de la vie.
- Pour le crédirentier, seule une partie de la rente
(30 à 40 %) est imposée sur le revenu (IRPP)
en fonction de son âge le jour de la perception de
la 1ère rente viagère : le viager a un intérêt
fiscal certain mais méconnu pour le crédirentier
!.
- Les obligations du débirentiers :
Il doit payer la rente sous la sanction de l’action
résolutoire. Dans le cas du viager occupé,
il doit exécuter les grosses réparations,
payer l’impôt foncier avec récupération
de la taxe des ordures ménagères et payer
l’assurance incendie et en copropriété,
il paiera les charges de copropriété.
- Les obligations du crédirentier :
En cas d’occupation, il doit exécuter les autres
réparations dites d’entretien, payer la taxe
d’habitation, s’assurer comme occupant et en
copropriété, rembourser au débirentier
les charges dites locatives.
Aspect financier :
- Le bouquet : le montant à fixer par rapport au
prix de vente est libre et doit dépendre des besoins
du crédirentier et des possibilités financières
du débirentier.
- Pour calculer la rente viagère, il faut prendre
en considération la valeur du bien vendu et lm’âge
du crédirentier. Plus celui-ci est âgé,
plus la rente est élevée car l’espérance
de vie diminue avec l’âge.
- La rente calculée sur deux têtes est inférieure
à la rente sur une tête du même âge
car le risque de payer pendant un durée plus longue
est plus importante dans le premier cas.
- Les femmes ont une espérance de vie sensiblement
supérieure aux hommes ; la rente sera donc moins
importante.
- L’espérance de vie augmentant pour chacun
de nous de 2 à 3 mois par an et les progrès
de la médecine étant prodigieux, il est nécessaire
de bien jauger de l’espérance de vie des crédirentiers
et utiliser une table de mortalité récente.
- Il est risqué pour le débirentier d’acheter
en viager, à des personnes très âgées
ayant passé un certain âge (TGV : Théorie
des Grands vieillards) qui vivront peut-être 2 à
3 fois leur espérance de vie actuelle.
- La rente sera indexée comme il a été
dit plus avant et en général, la révision
s’effectuera tous les ans à la date anniversaire
de l’achat ; le choix de l’indice est totalement
libre à l’exception de l’indexation sur
le cours de l’or.
- La valeur de l’occupation : Afin de ne pas léser
le débirentier, il est essentiel d’estimer
au plus juste, par rapport à la valeur locative du
bien vendu et à l’âge du crédirentier,
la valeur économique de la réserve de jouissance
de celui-ci et de déduire cette valeur de la valeur
libre du bien ; cela donnera la valeur occupée du
bien. Cette moins value peut s’élever dans
certain cas à plus de 50% de la valeur marchande
du bien vendu; le prix diminuera donc d’autant.
- Les frais de notaire et les honoraires d’agence
sont calculés sur cette valeur occupée.
En conclusion :
La vente en viager est une opération intéressante
financièrement aussi bien pour le crédirentier
que pour le débirentier.
Pour le débirentier :
- Cette forme intelligente d’acquisition lui permet
de devenir propriétaire à des conditions financières
incomparables, le crédirentier étant le «
banquier » de l’acquéreur, lui faisant
crédit sur une durée indéterminé.
- En achetant plusieurs viagers, le débirentier
« investisseur » peut annuler le risque de payer
plus longtemps que prévu (Loi de GAUSS)
- et profiter du financement de ses viagers comme levier
pour se constituer un patrimoine immobilier exceptionnel.
- Le viager permet aux enfants d’aider leurs parents
à améliorer leur retraite tout en conservant
dans la famille le patrimoine immobilier acquis par ceux-ci.
Pour le crédirentier :
- Il perçoit toute sa vie, des mensualités
indexées sur le coût de la vie (ce qui est
unique) avec en garantie du paiement de la rente, la possibilité
de redevenir propriétaire en cas de non paiement
(clause résolutoire) et de conserver toutes les sommes
perçues avant la résolution (bouquet et la
totalité des rentes).
- Afin que la vente en viager soit équitable pour
les parties et que les risques soient limités, il
est nécessaire de faire appel à un spécialiste
qui vous conseillera utilement au mieux des intérêts
immédiats et futurs ; il rapportera à votre
cas tous les aspects de cette forme intelligente de vente
mais tant méconnue.
© Dominique CHARRIER
Conseil en viager
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